FAIRE FACE A LA CRISE D’ADOLESCENCE DE SON ADO

L’adolescence : un passage délicat

L’adolescence : des changements plus ou moins radicaux

Que cela arrive d’un coup ou progressivement, il vient un jour où vous vous réveillez avec un inconnu dans la maison !! Par on ne sait quelle magie, le temps a substitué cet enfant si tendre et si sage en une sorte de reptilien, qui réduit à néant tous vos efforts éducatifs.

Ses réactions et ses émotions, tout comme son vocabulaire, deviennent indécodables. Je vous rassure, il en est de même pour lui : tout ce que vous faites, dites ou souhaitez pour lui, perd de son sens. Il veut expérimenter par lui-même, quitte à prendre le contre-pied de tout ce qui lui a été inculqué.

Il se traîne, il se braque et semble s’éloigner de tous ces moments en famille qui faisaient, il n’y a pas si longtemps que cela, sa plus grande joie. Maintenant, il n’est bien qu’avec ses copains!!

C’est l’adolescence ! Que vous allez devoir traverser avec lui.

C’est le moment de faire le point sur vos méthodes éducatives afin de les réajuster, de les durcir ou, au contraire, de les desserrer.

Quelques repères

Vous allez devoir guider votre enfant tout au long de cette période, lui accorder votre confiance, lui laisser faire ses expériences et se tromper, si besoin. C’est la période où il a besoin de s’émanciper de du monde et des choses de la vie tels qu’on lui a décrits, quitte à y revenir, ou pas.

A vous de vous repositionner fermement mais tranquillement pour lui permettre de traverser ce moment un peu difficile pour vous comme pour lui.

 

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La chambre : un espace d’intimité

La période adolescente est celle où l’enfant essaie de prendre plus d’indépendance. Il a besoin d’avoir un endroit qui lui appartient et qui lui ressemble. C’est un endroit sécuritaire où il peut se couper des interactions et se recentrer sur lui-même.

Laissez-le gérer cet espace. Convenez avec lui des modalités de cette gestion (attente en matière de ménage, rangement) et de son contrôle (jour ou fréquence) et des sanctions en cas de manquement à ce qui était convenu (il ne s’agit pas d’une bêtise donc la sanction n’est pas de même nature qu’une punition).

Désormais, essayer de frapper avant d’y pénétrer et attendez qu’il vous invite à le faire. C’est son espace et il en a besoin.

Même en son absence, gardez-vous de la tentation de vérifier l’état de sa chambre ou de fouiller. Il est temps que vous lui concédiez, de bonne foi, une intimité totale.

Les devoirs : un encadrement adapté à son tempérament

Evitez d’être sur son dos sans arrêt. Certains enfants ont besoin d’être accompagnés, d’autres ont besoin qu’on les laisse faire. Qu’on leur fasse confiance. Voyez avec lui ce qu’il préfère, ce qui ne vous empêchera pas de contrôler et de prendre les mesures nécessaires s’il y a des difficultés.

Les sermons sur son avenir n’auront guère d’impact. En revanche, les arguments sur son confort, ses loisirs et tout ce qu’il aime le feront davantage se mettre en mouvement.

Enfin, certains adolescents sont très émotifs ou nerveux et durant la période adolescente, il se peut que son cerveau bugue, confronté à trop d’émotion. Ainsi, si vous le brusquez trop, cherchez à le secouer trop vivement ou montrez trop d’insistance, il se peut que son cerveau se court-circuite et ce ne sera pas de la mauvaise foi. Redoublez de pédagogie.

Vous pouvez essayer d’expérimenter les devoirs avec un autre de ses copains (naturellement celui qui fonctionne bien à l’école!!). Cela peut être motivant et dédramatiser le moment.

Cette période peut également renvoyer l’adolescent à ses vieilles angoisses : la phobie scolaire de sa petite enfance. 

Les sorties : apprendre à se gérer dans un groupe

En lui accordant un peu de liberté, vous allez voir comment il se comporte et comprendre jusqu’où vous pouvez lui accorder votre confiance. Soyez clair et ferme sur les conditions.

Il tentera évidemment d’outrepasser les consignes mais ce n’est pas une raison pour lui reprendre la totalité des libertés que vous lui avez accordées. Il tente, expérimente et se trompe, ce qui est bien normal.

Marquez le coup. Réagissez mais réessayer.

Les bêtises : apprendre de ses erreurs

Il en fait et c’est bien normal. Ce n’est pas un adulte mais un enfant en transition. Ce ne doit pas être l’occasion de lui suspendre tous ces droits. Faites-lui prendre conscience des conséquences et responsabilisez-le. Si nécessaire, ce sera à lui de réparer et de se confronter à ce qu’il a provoqué.

Je vous conseille également de ne pas cherchez à lui faire avouer ce qu’il a fait si vous êtes au courant. Il risque de se sentir piéger. Cette manipulation sera mal acceptée et l’ado risque de se braquer définitivement, avec pour conséquences des cachotteries et des attitudes mensongères.

Au contraire, dites-lui que vous savez. Dialoguez avec lui et exprimez vos attentes.

Les punitions : une leçon qui fait sens

Le réflexe est de priver son adolescent des choses qu’il aime. Il s’agit bien souvent des activités qui l’épanouissent et lui permettent un développement social, physique ou intellectuel. Les pédopsychiatres recommandent plutôt de le priver de choses plus accessoires dans son développement comme le portable, la console, l’Internet, les sorties.

Naturellement, la punition doit être juste et proportionnelle à l’importance de la bêtise. Il peut s’agir également de réparer ce qui a été fait (présentation d’excuses dans le cas d’un comportement déplacé à l’égard d’autrui, réparation, nettoyage ou remplacement de la chose en cas de dégradation, etc…).

De même, vous pouvez lui donner des tâches à accomplir dans la maison.

La punition accomplie, les compteurs sont remis à zéro, donc évitez de revenir sans arrêt sur les faits. Le but est de lui faire prendre conscience de la portée de ses actes et de le responsabiliser. L’adolescent doit en comprendre l’utilité et en tirer un enseignement.

Le dialogue est rompu ou en passe de l’être

Laissez l’adolescent s’orienter vers l’adulte de son choix, lequel pourra servir de médiateur (s’il consent naturellement à jouer ce rôle). En confiance, votre adolescent pourra davantage exprimer son malaise, sa pensée et ses attentes. L’adulte servant d’intermédiaire ne devra pas se substituer aux parents. Il ne sera ni éducateur ni copain mais un relais pour apaiser les tensions, accueillir la parole de l’adolescent et une aide pour qu’il se tempère et prenne du recul. Le traducteur de vos états et pensées respectifs et le facilitateur de vos échanges.

Enfin, pour conserver la confiance de l’adolescent, il devra s’assurer que celui-ci l’autorise à vous rapporter ce qui lui a été confié. En revanche, en cas de faits graves ou importants, il ne doit pas prendre l’initiative ou la responsabilité d’agir sans votre consentement. Il n’a pas pour vocation à se substituer aux parents. De ce fait, n’attendez pas tout de lui car il n’est pas là pour trouver des solutions à votre place.

Plus généralement

L’adolescence c’est « l’âge bête ». Votre ado va peut-être essayer de raisonner, de vous livrer sa vision des choses et du monde. Ses préjugés, ses raisonnements non aboutis et souvent tranchés ne doivent pas être l’occasion de le remettre à sa place. Aidez-le plutôt à approfondir, enrichir et organiser sa pensée en dialoguant avec lui, en lui apportant gentiment la contradiction et en l’orientant vers d’autres références (lectures, films, articles, exemples, etc…) qu’il pourra confronter à ses croyances du moment. Enfin, laissez-lui le temps nécessaire à la déconstruction et reconstruction de sa réflexion.

Enfin, lorsque cela est opportun, vous pouvez gentiment le remettre à sa place s’il cherche à se mêler de vos problématiques d’adultes et de parents.

Renoncez à tout savoir. Il est nécessaire qu’il garde secrets des pensées, des actions et des sentiments. Normal qu’il vous juge et qu’il s’oppose alors ne prenez pas tout cela trop sérieusement.

Pour conclure

L’adolescence est une période qui secoue énormément. L’enfant cherche à s’émanciper de ce qu’il a toujours connu. Il est contradictoire et ambivalent. Quelque soit le visage qu’il vous montre, (désinvolture et flegme ; colère et violence ; repli et révolte) il subit d’importants changements physiologiques et intellectuels qu’il ne maîtrise pas et qui sont générateurs d’angoisses.

Enfin, ce n’est pas parce qu’il revendique d’être considéré comme « un grand » qu’il n’a plus besoin de votre affection. En revanche, ce sera un peu à la demande et quand il le décide.

Pour finir, souvenez-vous qu’il a besoin de la fermeté mais aussi de la bienveillance parentale, ce qui n’est pas du copinage ni de l’autoritarisme. fermeté et souplesse.

Plus

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