ADOPTER UNE EDUCATION BIENVEILLANTE

Construire une parentalité consciente et respectueuse avec l’éducation bienveillante

L’éducation bienveillante n’est pas l’opposé d’une éducation qui, elle, serait fondée sur la malveillance. Non, il s’agit d’une autre approche de la parentalité fondée sur le respect de sa progéniture et la conscience de tout ce qui nous empêche d’être les parents que l’on souhaite être.

C’est une éducation qui, sans être laxiste et trop permissive, prend en compte la personnalité de son enfant tout en le considérant comme un individu à part entière. Elle préconise l’attention positive et l’encouragement au lieu de la récompense.

Elle sous-entend que nous sommes le modèle de nos enfants et ainsi la première lecture qu’il fera du monde, des choses et de son environnement. A ce titre, comprendre nos fonctionnements et nos réactions de parent sera un outil précieux (ils influencent, interagissent ou contrecarrent les apports éducatifs ).

 

Stress, maladresses et modèles dépassés

L’époque veut que l’on travaille beaucoup. Parfois loin de son domicile si bien que jongler avec ses occupations professionnelles, les embouteillages, la corvée des courses et l’intendance de sa petite famille devient source de stress et d’impatience. L’éducation bienveillante met en avant l’importance pour les parents d’être détendus, d’avoir une vie de couple tendre et complice, pas seulement basée sur la gestion du quotidien.

Si l’on apprend à faire du vélo, les mathématiques ou jouer de la flûte, il n’y a pas d’école pour devenir parent. Chacun devra se débrouiller et faire au mieux. La plupart du temps, le parent fera « tout pareil » ou l’inverse de l’éducation qu’il a reçu. Et lorsqu’il décide de faire un compromis, il se servira quand même de ce qu’il a vécu, de ce qu’il croit bon de reproduire ou pas au regard de ses propres ressentis d’enfant et de son histoire.

Souple ou autoritaire, le parent va donc, involontairement ou volontairement, façonner son enfant comme une petite boule de pâte à modeler. Il va organiser l’éducation et sa relation avec lui à travers ses valeurs, ses croyances et sa vision du monde.

Tout cela, on le sait plus ou moins c’est d’ailleurs pour cela qu’on se documente avec des magazines et des livres spécialisés. Le dialogue, on connaît et du reste on le met souvent en pratique avec le petit dernier pour lui faire exprimer ses émotions …Du moins, jusqu’à un certain point : nos limites d’adulte « qui après tout ne va pas se laisser mener par le bout du nez par un enfant qui fait un caprice !!! ».

Que penser du « t’es pas beau » quand l’enfant vient de faire une sottise ? (quel rapport ?) ou bien le « ah, maman est fatiguée alors tu ne vas pas commencer ! » (Parce que notre enfant devrait attendre que nous ne soyons plus ou pas fatigués pour l’être à son tour ?). Et qui ne lui a pas dit, un jour « mets- toi à notre place,qu’est-ce que tu…si… » (Lui ? a-t-il déjà été parent ? Demandez le directement à un sociopathe, vous obtiendrez le même résultat !).

Finalement, on a du mal à rester cohérent avec le modèle vers lequel on veut tendre de peur de trop en faire ou, au contraire, pas assez.

 

L’éducation bienveillante, c’est quoi alors?

C’est une éducation cohérente avec le sentiment d’amour et d’attachement que vous ressentez pour votre enfant. (Quelle cohérence peut il y avoir quand la mort dans l’âme vous le punissez ? Et que lui-même perçoit votre ressenti ?).

Cette forme d’éducation bannit les punitions comme les récompenses et les étiquettes que nous collons un peu trop rapidement à nos enfants et qui les poursuivront même une fois adulte. Elle  invite, par contre, les parents à exprimer leur ressenti lorsque l’enfant fait une bêtise ou agit bien sans punition ou récompense et sans jugement de valeur.

On sera donc sur l’expression de son ressenti et de son besoin, lorsqu’on estime que son enfant n’a pas agi convenablement. Puis sur l’encouragement (toujours par l’expression de son ressenti) quand, à l’inverse, on estime qu’il a bien agi.

Vous l’avez compris, il s’agit de mettre en place une relation basée sur :

 

  • Le lien ou attachement régulier et sécuritaire (attention lorsqu’on alterne douceur et bienveillance puis, tout à coup, paroles ou actions menaçantes ou violentes)
  • L’identification exhaustive de tous ses besoins afin de vous assurer qu’ils sont bien tous assouvis
  • Le respect des stades de développement par lesquels il lui est obligatoire de passer (avec acceptation des phases possibles de régression lorsqu’il se trouve dans un moment de sa vie où il apprend de nouvelles choses ou vit de nouvelles situations)
  • La conscience de la fragilité du cerveau des enfants et ados : une violence que l’on pense anodine (parce qu’on est adulte) peut fragiliser l’équilibre et le fonctionnement émotionnel de l’enfant.
  • Un rythme de vie et une routine respectant ses besoins physiologiques (manger des choses saines à des horaires adaptés et réguliers, se coucher à des heures lui permettant d’avoir un sommeil suffisant pour la construction de son cerveau et le repos de son corps).
  • Des attitudes et réponses appropriées, justes et cohérentes

Ceci nécessite d’avoir un peu réfléchi sur le modèle d’éducation que l’on a reçu et ses ressentis d’enfant.

 

Il n’est pas rare que dans certaines situations stressantes (ou qui nous semblent impossibles à gérer) on fasse parler son propre parent ou l’enfant que l’on était soi- même (Le parent que nous sommes étant désarmé).

Qu’est-ce qu’il nous est difficile de faire, de concéder ou de ne pas faire ? Est-ce si important ? Pour quel enjeu? Et si c’est important pour moi, qu’est-ce que, lui, peut y perdre, y gagner ? Est-ce vraiment important pour sa construction ?

Quelle situation déclenche du stress ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Sur quelle valeur, représentation ou croyance et peur agit-elle ?

Est-ce si important si mon enfant ne place pas en premier lieu cette valeur qui me semble capitale ?

 

  • Le repérage et décodage des émotions cachées, des émotions miroir et des phénomènes de rétroaction :

Il se peut qu’une colère sous un motif quelconque soit motivée par un sentiment ou un besoin autre que le motif apparent ou verbalisé (souvent bien plus important).

 

L’enfant  peut se méprendre sur ce qu’il va obtenir en agissant de telle ou telle manière (objectif mirage). Ex : il recherche l’attention et pense qu’il ne l’obtient que lorsqu’il fait des bêtises. Il cessera s’il comprend qu’il n’a pas besoin d’interagir pour être aimé, regardé et pris en compte.

  • L’intégration de l’enfant dans la participation aux tâches et activités de la maison.

Ceci demande que vous soyez tolérant et que vous acceptiez qu’il s’en acquitte comme il le fait, compte-tenu de son âge et de sa maturité (Et non le fameux « moi, à son âge je m’occupais déjà de mes frères, du repassage et des repas » parce que vous avez été une petite Cosette).

Cet exercice est à visée éducative, lui permettant de nourrir son sentiment d’appartenance, de se responsabiliser mais aussi d’apprendre. A force, il s’améliorera. L’éducation bienveillante va surtout s’attacher, le cas échéant à lui demander comment il pourrait s’y prendre la prochaine fois pour faire encore mieux.

  • Une communication non violente qui respectera l’enfant et sa personnalité.

L’observation de son enfant et un échange de qualité pour répondre à ses besoins et attentes en plus d’une compréhension de son fonctionnement  (non comme on pense qu’il fonctionne et encore moins comme il serait bon qu’il fonctionne).

« On n’a jamais été câlin dans ma famille »

Rassurez- vous, si vous n’avez pas remédié à cela il y a de grandes chances pour que votre enfant ne le devienne pas non plus !! Il peut même vous battre à ce jeu !

En revanche, avez-vous cherché à savoir s’il les aimait ? S’il en avait besoin ?

Cette communication respectueuse et bienveillante passe par la remise aux oubliettes de certaines tournures qui stigmatisent, emprisonnent, étiquettent et véhiculent des jugements de valeur.

 

Ex : nous n’emploierons plus des formulations telles que « tu n’es pas gentil quand tu fais cela » mais plutôt « quand tu fais (la chose) je me sens (état ou sentiment) car j’ai besoin de (besoin). J’aimerais donc (la chose pour répondre à mon besoin) ».

Il s’agit ainsi de rompre définitivement avec les étiquettes (bonnes ou mauvaises qui vont les influencer ou leur mettre la pression). Dans un premier temps, cela évite le jugement qui risque l’enfermement dans ladite étiquette et dans un second temps permet de le responsabiliser. Si ce dernier persiste à agir ainsi ce sera en pleine conscience que son action vous met en telle ou telle situation émotionnelle (et donc  quel est son besoin s’il le fait encore?).

De même, l’enfant a toute latitude pour s’exprimer… ou pas.

 

Dans le cas de grosses crises de colère ou de larmes, s’il lui est impossible de s’exprimer ou refuse de le faire, le parent ne cherche pas à le faire parler ou se taire coûte que coûte. La communication passera par la manifestation de l’attachement : l’inviter à continuer dans ses bras. Généralement, le contact physique a un effet apaisant.

De même, il n’est pas recommandé de minimiser systématiquement « les gros chagrins » ou le motif qui l’a fait s’énerver si vous ne savez pas réellement ce qu’il se passe. Nous l’avons abordé : une émotion peut en cacher une autre.

Pour finir, il est aussi intéressant d’expliquer à son enfant comment calmer ses crises. Lui expliquer ce qui se passe dans « sa petite tête » quand il explose et l’aider à agir avant d’en arriver là.

 

L’éducation bienveillante, c’est aussi :

Un lâcher prise face à l’idée qu’il faille soumettre son enfant à son autorité, le contraindre, le façonner, construire une relation de force s’il a « trop de caractère » ou l’endurcir « s’il manque de caractère »… et tout cela pour le préparer à notre représentation limitante de la société dans laquelle vous pensez qu’il évoluera.

L’éducation bienveillante est donc un accompagnement de son enfant à grandir dans le respect de qui il est et de ce qu’il doit devenir. Votre enfant n’est pas le prolongement ni la projection de vous-même. Il n’est pas un médicament, ni une revanche sur la vie. Il n’a pas, non plus, à faire ce que vous n’avez pas pu faire et inversement. Il sera peut-être capable de faire ce que vous n’avez jamais su ou voulu faire….Ce n’est pas, non plus, choisir quel trait de caractère ou de personnalité il doit mettre en avant (on est d’accord que l’éducation passe par l’apprentissage du bien et du mal, les codes et d’autres valeurs…). L’expérimentation lui permettra d’en appréhender les conséquences et de se réguler.

En conclusion, n’oubliez pas qu’il n’y a pas de bon ou mauvais trait de caractère, de qualités ou de défauts. A moins que cela ne soit pathologique, ce qui compte c’est ce qu’il en fait. La vraie force de votre enfant réside dans sa possibilité de voir que tout ce qui lui a été distribué est un atout !!  OUI, c’est un peu comme aux cartes : récupérer le valet de pique peut être un vrai handicap au « pouilleux » ou  la main gagnante au poker !

 

Pour aller plus loin

https://lavieautaquet.com/2018/03/21/comment-accepter-lenfant-de-son-conjoint/

http://www.les-supers-parents.com/

https://www.editions-eres.com/ouvrage/3054/adolescents-difficiles-penser-et-construire-des-partenariats

http://www.parentalite-consciente.com/programme-accompagnement-parental-1/

https://lavieautaquet.com/2017/10/27/mon-enfant-est-menteur/

https://lavieautaquet.com/seance-gratuite-daccompagnement/

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